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7 novembre 2014 5 07 /11 /novembre /2014 15:27
















Cameroun - An 32 du renouveau: La base prend le pouvoir

 

 

 

 


 


Pour une fois, la base est mise en exergue. Elle ne subit pas le diktat des émissaires du Comité central qui, chaque fois, s’approprient les investitures et supervisent les élections.

On peut tirer beaucoup d’enseignements de la circulaire du Sg du CC du Rdpc relative à l’événement de ce jour. Dans sa note  qui ignore résolument le bilan,  sur le terrain, seuls les présidents de sections Rdpc assurent la supervision des manifestations dont le contenu se résume à un soutien indéfectible au président national dans ses efforts pour la préservation de l’intégrité territoriale. Les autres camarades, poursuit Jean Nkuété, membres du gouvernement, maires, membres du parlement, directeurs généraux, opérateurs économiques et autres élites « s’unissent dans leur localité respective derrière le président de section Rdpc pour assurer le succès de la célébration ».

Pour une fois, la base est mise en exergue.  Elle ne subit pas le diktat des émissaires du Comité central  qui, chaque fois, s’approprient les investitures et supervisent les élections. Cette fois ci, les plénipotentiaires du Rdpc sont descendus de l’olympe, non pour pérorer et donner des leçons et consignes, mais pour s’unir aux élus à la base dans le cadre de l’an 32 du Renouveau qui se célèbre, selon Jean Nkuete, «dans un contexte, hélas, fortement marqué par les velléités de déstabilisation de notre pays avec la guerre qui nous est imposée  aux frontières septentrionales et les agressions récurrentes subies par les populations aux frontières orientales du Cameroun». Contrairement aux élites de la Lekié qui s’étaient fendu d’une motion contre un soi-disant complot interne, Jean Nkuete a préféré retenir la guerre contre Boko Haram et « les agressions » des groupes armés centrafricains. Il n’est nulle part question de déstabilisation interne si chère aux sécurocrates du régime.

En 32 ans, le Renouveau s’agrippe donc comme une bouée de sauvetage à la paix, la concorde et l’unité nationales comme « les indicateurs les plus constants de la singularité et de la stabilité institutionnelle du Cameroun ». Point de bilan politique quand on sait qu’attendue depuis juillet 2012 - délai statutaire de fin de mandat des équipes mises en place en 2007-, les opérations issues des profondes mutations intervenues dans les textes de base lors du congrès ordinaire du Rdpc des 15 et 16 septembre 2011, devraient consacrer l’éclatement, mieux, la création de nouvelles sections, mais surtout le renouvellement des organes de base du Rdpc, qui demeure plus que jamais un parti des états-majors. Point de bilan économique et social.

On se souvient qu’en 2013, l’an 31 du Renouveau a été marqué par le soutien à la nouvelle dynamique impulsée par le président de la République à travers la politique des « Grandes Réalisations » qui vise à faire du Cameroun un pays émergent à l’horizon 2035. On évoquait alors, « la croissance en hausse constante ces dernières  années, avec plus de 5% en 2013, les grands projets  en cours (port en eau profonde de Kribi, barrages hydroélectriques de Memve’elé, Lom Pangar et Mekin, projet gazier de Logbaba à Douala, etc) ». Aujourd’hui, l’an 32 célèbre les noces de cuivre entre le Renouveau et son peuple. Il faudrait surtout éviter des  cas d’oxydation…


Célébration:  Les consignes du Sg du Rdpc bafouées

La circulaire signée le 28 octobre dernier de Jean NKueté, secrétaire général du comité central instruisant que les manifestations du 32e anniversaire du Renouveau national doivent se dérouler « au siège de la section RDPC qui constitue l’unité de célébration » n’a pas été respecté partout.    

Les barricades érigées dans les différents lieux retenus pour faire briller les  32 bougies du Renouveau ont rendu la circulation moins fluide. Les usagers visiblement sur les nerfs n’ont pas tari de malédiction à l’endroit du parti du flambeau ardent hier, jeudi 6 novembre 2014. 16 heures à Douala. Les nombreuses rues du centre commercial Akwa et d’autres quartiers sont bondées de monde. A cette heure précise dans de nombreuses capitales économiques au sud du Sahara, les travailleurs rentrent chez eux après une dure journée de travail. Ce qui justifie l’affluence dans des lieux publics. « Qu’est ce qu’ils ont à ériger des barricades sur la voie publique. En quoi cette célébration peut-elle être utile pour le Cameroun attaqué de toutes parts par la secte islamiste Boko Haram ? Au lieu de réfléchir sur des questions urgentes de l’heure, ils en sont à organiser des cérémonies qui ne peuvent nous aider en rien. Cette célébration pouvait passer inaperçue », gronde un client d’une microfinance à quelques encablures de la salle des fêtes d’Akwa. Arrivé pour procéder à une opération dans cette petite structure bancaire, John  n’a pu la faire, les guichets étant fermés. « Il est impossible pour les véhicules de circuler. Il a fallu que le conducteur  empruntent les voies de contournement. Jusque là je n’ai pas pu arriver à l’heure », se plaint-il. Outre ce débrouillard, Hélène, ménagère est en colère. « C’est la sortie des classes. Je dois aller chercher l’enfant de ma patronne. Je suis coincée dans les embouteillages. J’espère y  trouver la maitresse », fulmine-t-elle. Ils sont nombreux les usagers qui ont du suer à grosses gouttes pour braver les embouteillages hier, 6 novembre 2014 à Douala. « C’est déplorable qu’on en soit encore en Afrique à organiser des célébrations sur la voie publique. Il faut que nous sortions de cette vieille habitude. On ne peut pas sous le prétexte d’une célébration paralyser toute une ville », condamne un homme d’affaires.

Le temps d’une célébration, Douala a été paralysée. « C’est du folklore tout ce qui se fait. Que célèbre ce parti ? » gromelle un cadre du Social Democratic front. Comme on peut s’en apercevoir,la circulaire signée le 28 octobre dernier du secrétaire général du Comité central et adressée aux responsables locaux du parti et aux militants de base n’a pas été respectée. A ses camarades, Jean Nkuete rappelait que si l’heure est certes à la célébration, ils doivent avoir à cœur le contexte dans lequel arrive cet anniversaire : « la guerre qui nous est imposée aux frontières septentrionales et les agressions récurrentes subies par les populations aux frontières orientales ».

 Pour donner plus de tonalité à l’événement, le Sg avait instruit que les manifestations du 32e anniversaire du Renouveau national se déroulent « au siège de la section Rdpc qui constitue l’unité de célébration. » Pour les sections récemment créées par une décision du président national et qui ne sont pas encore pourvues de responsables, elles sont appelées à se déployer au sein des anciennes sections. Comme on peut donc le constater, les manifestations qui se sont articulées autour du soutien à apporter au président Paul Biya dans la lutte contre la secte islamiste Boko Haram et de l’aspiration des populations camerounaises à vivre en paix se sont déroulées sur la chaussée comme à Douala I. Sous la supervision du président de la section.


Douala: Frustration dans les rangs

A Douala, les militants du Rdpc ont voulu une fois de plus être  « tous derrière le président Paul Biya dans la bataille contre l’insécurité, pour la sauvegarde de l’intégrité territoriale, la préservation de la paix et la consolidation de l’unité nationale ». Thème choisi par cette formation politique qui s’arrime au combat face à l’insécurité. Seulement tout le monde n’a pas été convié à assister à la grande messe. Des vice-présidents et autres présidents de sous-section, certains responsables locaux et   militants de base du parti n’ont pas été invités. Et du coup des voix se sont élevées pour « contester cette façon de faire qui frise la discrimination au sein du parti ».

 « C’est absurde. On ne peut pas comprendre que certains présidents de sections n’aient pas voulu inviter ceux qu’ils considèrent comme leurs adversaires à une rencontre comme celle-ci qui est d’une importance forte pour le parti. Alors qu’il est  question pour les militants de la principale formation politique de la scène camerounaise, de se mobiliser pour relever le défi de cette épreuve que la conjoncture impose au Cameroun, le privant ainsi des ressources nécessaires pour mener à bien les nobles combats en vue du développement, de l’émergence et du progrès », tempête un vice président communal. Pour qui à cette occasion, tous les militants sont invités à une synergie d’actions sur le territoire national et à l’étranger.

A Douala, l’an 32  du Renouveau a donné à voir et à écouter. Caciques et mandarins, drapés aux couleurs du parti du flambeau ardent ont, une fois encore « vénéré l’homme-lion » à travers des discours et autres chants glorificateurs.  Et « Paul Biya toujours chaud gars ! » repris en chœur par des thuriféraires  en mal de positionnement.  

  



 


 

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Published by EVINA
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