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14 novembre 2016 1 14 /11 /novembre /2016 09:15
 
 
 
 
 
 
Cameroun-Tchad: Pour rallier Bongor à Yagoua, les populations prennent des risques dans l'eau
 
Cameroun-Tchad: Pour rallier Bongor à Yagoua, les populations prennent des risques dans africapress.com- Samedi 12 Novembre 2016- Les travaux de construction du pont sur le Logone Rechercher Logone piétinent. L’ouvrage qui devait relier Bongor Rechercher Bongor au Tchad à Zebé, un village camerounais situé à la frontière tarde à être mis en œuvre. Conséquence, le voyage entre ces deux pays voisins, se fait par pirogue ou par bac fluvial. Il n’est pas une partie de plaisir.

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Cameroun-Tchad: Pour rallier Bongor à Yagoua, les populations prennent des risques dans l'eau
Chaque jour, les populations prennent des risques pour rallier une rive à l’autre.

En provenance de Bongor Rechercher Bongor au Tchad, nous sommes huit (8) personnes qui envisageons de voyager vers Yagoua Rechercher Yagoua au Cameroun.

La pirogue est notre seul moyen de voyage en cette période, où, à cause de la pluie, le fleuve est sorti de son lit. Le piroguier qui se propose de nous conduire au Cameroun, s’appelle Bâ. Il s’agit d’un pêcheur tchadien d’une trentaine d’années. Il nous prévient que le voyage est pénible à cause de la crue. Il fixe les prix, nous négocions et un accord est trouvé.

Nous prenons place à bord de la pirogue, après avoir déboursé 1500 FCFA chacun, soit (2,3 euros). Une dizaine de minutes plus tard, notre embarcation de fortune s’ébranle.

Nous remarquons que l’étendue d’eau qui constitue le fleuve Logone, et dans laquelle nous nous engageons, est immense. Plus nous avançons, plus la profondeur du fleuve est considérable. Par moments, il y a des petites vagues, par d’autres le fleuve est calme.

Au milieu de notre parcours, à bord de la pirogue qui nous conduit vers le Cameroun, nos cœurs battent la chamade. C’est le silence. Le calme plat ! Pour cause, nous sommes au milieu du Logone. Le fleuve relie le village Zebé Rechercher Zebé au Cameroun à Bongor Rechercher Bongor au Tchad. « C’est l’endroit où le fleuve est le plus profond », prévient Bâ, qui pagaie sans relâche.

Le pagailleur, un grand noir baraqué, dit connaître les secrets du fleuve. Il n’est pas très bavard. Il est concentré à rythmer la nage. De temps en temps, il nous rassure mais prévient que sur le fleuve Logone, un hippopotame a attaqué une embarcation il y a quelques temps.

Huit (8) personnes dont le piroguier, y avaient trouvé la mort. Autour de nous, un ballet impressionnant de pirogues, toutes bondées de monde. Les plus rapides, qui attirent notre attention, sont munies de moteurs hors bord. L’activité rapporte et attire les jeunes des villages voisins. Bâ dit gagner parfois 5000 FCFA par jour (7.6 euros).

Nous rencontrons une pirogue à moteur, allant en sens contraire, avec à son bord des humanitaires de « Médecins sans frontières ». Nos deux pirogues manquent de se frôler. La rencontre secoue vigoureusement la partie du fleuve où nous nous trouvons, au point où un poisson se retrouve dans notre embarcation. Un passager le remet dans l’eau, son milieu vital, pour lui redonner une seconde chance.

« Les poissons abondent dans cette partie du fleuve, fait remarquer Bâ. Mais, ajoutera t-il, aucun pêcheur n’est assez stupide pour venir pêcher à ce niveau. Nous nous contentons de le faire pas très loin au niveau du rivage ». La pêche est la principale activité des populations qui vivent dans les villages frontaliers.

Nous apercevons le rivage, couvert de boue par endroits et par du sable dans certains.
 
Après 30 minutes, nous voyons le village Zébé, la porte d’entrée de Yagoua, le chef lieu du département du Mayo- Danay, dans la région de l’Extrême-Nord, lorsque l’on vient de Bongor, au Tchad.

À l’approche du rivage, nos visages s’illuminent. Un air de sécurité nous envahit. Deux minutes plus tard, nous accostons. Nous entrons en terre camerounaise.

Chaque jour, les populations du Tchad et du Cameroun, font le même voyage. Elles sont dans l’attente du pont qui doit relier les deux pays.

Le 27 mai 2014 à N’djamena, les présidents Tchadien et Camerounais signaient un accord en vue de la construction du deuxième pont sur le Logone, devant relier Yagoua Rechercher Yagoua au Cameroun à Bongor Rechercher Bongor au Tchad.

30 mois après, le pont reste… désespérément attendu.

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Published by EVINA
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