Un atelier du comité technique national de télémédecine du cameroun 3ème édition et le Pan African Health informatics association
tient ses assises à Yaoundé depuis le 28 au 30 novembre 2011 à l'hôtel helina placéés sous le haut patronnage du Ministre de la santé publique de nombreux partenaires au développement.
Les outils de la télémédecine permettent d’échanger des informations médicales sous forme électronique, et donc de faciliter l’accès à de l’expertise
médicale à distance. Un médecin se trouvant loin d’un centre d’expertise peut ainsi consulter des collègues à distance afin de résoudre un cas difficile, suivre un cours de formation continue
diffusé sur Internet, ou accéder à des informations médicales dans des bases de connaissances ou des bibliothèques numériques. Ces mêmes outils peuvent être utilisés pour faciliter les échanges
entre plusieurs centres d’expertise, qu’il s’agisse d’institutions de santé d’un même pays, ou d’échanges entre plusieurs pays.
Le potentiel de ces outils est particulièrement évident dans des pays où les spécialistes sont rares, et où les distances et la qualité de l’infrastructure rendent difficile le déplacement des
médecins ou des patients [1-4]. Nombre de pays d’Afrique francophone sont dans cette situation.
Sur la base de projets réalisés au Mali et en cours en Mauritanie et au Cameroun, et au vu de
l’intérêt exprimé par de nombreux centres universitaires dans des pays d’Afrique francophone, le projet RAFT vise à développer un réseau en Afrique
francophone
Initié par des médecins maliens en 2001, le projet Keneya-Blown, qui signifie en Bambara le « vestibule de la
santé », lieu de communication et d’échange dans la maison malienne, a consisté en la mise en place d’infrastructure, d’outils et de mécanismes de collaboration dans le domaine de la santé sur
internet :
- une infrastructure réseau de type « metropolitan area network » sur la technologie par radio-fréquence 802.11b reliant les principales institutions de
santé de la capitale Bamako, et l’utilisation du réseau numérique de téléphonie pour connecter les hôpitaux régionaux de Ségou et de Tombouctou ;
- un portail médical sur le World-Wide-Web ainsi que des services de bases tels que la messagerie électronique, hébergés sur des serveurs Linux ;
- un outil de téléenseignement optimisé pour les faibles bandes passantes [6] également utilisé pour effectuer des téléconsultations.
Différents types d’échanges ont lieu :
- téléenseignement Nord-Sud : les sujets des séminaires sont choisis par les médecins maliens et les cours préparés par des experts suisses. Les cours sont diffusés sur Internet depuis Genève.
Des cours sont produits deux fois par mois. Ils sont typiquement suivis par 50 à 100 médecins et étudiants dans un auditoire spécialement aménagé à l’hôpital universitaire de Bamako (hôpital du
Point G), et également par d’autres groupes ou individus dans les hôpitaux régionaux de Ségou et Tombouctou, ainsi que dans d’autres pays d’Afrique francophone : Sénégal, Mauritanie, Tchad, Maroc
et Tunisie ;
- téléenseignement Sud-Sud : des cours post-gradués et de formation continue, développés à Bamako, sont diffusés sur Internet en direction des hôpitaux régionaux du Mali et vers d’autres
institutions de santé des pays voisins (figu
- téléenseignement Sud-Nord : les médecins en formation de médecine tropicale suivent des séminaires organisés par des experts au Mali, sur des sujets tels que la lèpre ;
- téléconsultations Nord-Sud : le même système peut être utilisé pour envoyer des images de haute qualité permettant un examen physique à distance, ou la revue d’images radiographiques. Des
téléconsultations sont tenues régulièrement, dans des domaines où l’expertise manque au Mali, par exemple en neurochirurgie ou en oncologie
- téléconsultations Sud-Sud : les médecins des hôpitaux régionaux peuvent demander un deuxième avis à leur collègue des hôpitaux universitaires, via e-mail, y compris en échangeant des images
numériques obtenues avec des caméras digitales ;
- téléconsultations Sud-Nord : le cas d’une patiente atteinte de la lèpre, suivie à Genève, a été discuté via le système de télé-consultation, et a permis à un expert de Bamako d’ajuster la
stratégie thérapeutique.
.
Durant ces projets, et en particulier celui du Mali qui évolue depuis plus de deux ans, un certain nombre de constats ont été faits qui expliquent les
orientations stratégiques du projet RAFT:
- L'axe Nord-Sud qui prévalait initialement a été rapidement complété par des contributions Sud-Nord au cours desquelles les connaissances du Sud
venaient augmenter celles du Nord, donnant à l'échange une dimension de partenariat mutuellement enrichissant. Par exemple, les médecins suisses suivent maintenant des cours de léprologie donnés
par des spécialistes maliens. Toutefois, de nombreux sujets à fort ancrage culturel ou socio-économique régional se prêtent mal à ces types de relations. Ainsi, l’échange de connaissances au
niveau régional paraît préférable lorsqu'il s'agit de partager des
informations réellement applicables sur le terrain. En effet, les stratégies médicales utilisées dans les pays du Nord ne sont pas toujours applicables
dans le Sud, pour des raisons aussi bien socio-économiques que culturelles.
- Le développement de la télémédecine au niveau des centres de formation, généralement localisés exclusivement dans les capitales, comporte le risque
d’induire une “fracture numérique locale”, creusant le fossé entre les villes et les zones rurales. Il est donc nécessaire d'étendre ces réseaux de télémédecine aussi depuis la périphérie, en
utilisant des solutions qui n'impliquent pas obligatoirement d'infrastructures lourdes au sol, dont le déploiement dans certaines régions éloignées va encore prendre plusieurs années. Les
technologies satellitaires offrent de ce point de vue des possibilités très intéressantes, et de plus en plus abordables. La motivation du développement de la périphérie est double: d'une part,
il s'agit d'amener de l'expertise médicale aux endroits où elle est le plus nécessaire, et, d'autre part, apprendre par l'utilisation sur le terrain à construire des outils et du contenu vraiment
utiles au niveau régional ou local.
- Le contenu local, le savoir local, est un enjeu majeur pour l'identité d'une communauté et pour sa capacité à collaborer efficacement. Il est indispensable pour traduire les connaissances
médicales globales pour les rendre applicables aux réalités locales, en tenant compte des possibilités techniques et financières, des déterminants sociaux et culturels, et des connaissances
traditionnelles.
Afin de répondre à ces défis, le projet RAFT se décline selon trois axes:
- La mise en place d’une infrastructure de télémédecine au niveau des centres d’enseignement et de formation, et leur connexion aux réseaux informatiques nationaux et internationaux, avec le but
de créer un réseau multi-latéral d’échange d’expertise médicale, favorisant particulièrement les collaborations Sud-Sud.
- Le déploiement de points de connexion en milieu rural à l’aide de technologies satellitaires, permettant un accès non seulement aux outils de télémédecine mais également à d’autres outils
utiles pour des activités de développement multi-sectoriel, notamment pour l’éducation et le développement de l’économie locale.
- L’aide à la création et à la maintenance de contenu médical adapté aux besoins locaux, qui ne sont actuellement pas couverts par les ressources médicales disponibles sur Internet. Cette
fonction nécessite une formation spécialisée de documentaliste avec connaissances des spécificités du monde numérique et d’Internet.
Des institutions des pays suivants se sont engagées à participer à l’implémentation du réseau RAFT: Bénin, Burkina-Faso, Maroc, Niger, Sénégal, Tchad, Togo, Tunisie (figure 3). Le projet
permettra d’équiper ces institutions et de les aider à se connecter aussi bien vers les réseaux internationaux que vers leurs réseaux nationaux. L’équipement de chaque institution consiste en:
- Un système de réception et de projection de téléenseignement sur Internet,
- Un système d’emission de téléenseignement sur Internet, également utilisable pour des téléconsultations et comme serveur Web.
- Une connexion à Internet à au moins 64 kbits/s en émission et en réception,
- L’accès à un serveur de collaboration sur Internet pour l’aide au diagnostic en pathologie, radiologie ou dermatologie.
Le projet prévoit également une assistance à l’exploitation du réseau et à son dépannage. Le
298 MSAS'2004
dépannage matériel de base sera effectué par le correspondant local. En ce qui concerne l’assistance technique avancée, elle sera initialement fournie
depuis Genève par la Division d’Informatique Médicale des Hôpitaux Universitaires de Genève (DIM-HUG) à l’aide d’outils basés sur le protocole SNMP, mais devrait être ensuite décentralisée. De
plus, des outils informatiques spécifiques devront être développés afin de compléter l’offre applicative déjà disponible, ainsi qu’un site Web équipé d’outils collaboratifs (forums de
discussions, annuaire, bibliothèque des sessions de téléenseignement, etc).
Afin de permettre l’accès à ce réseau depuis des sites distants, inaccessibles par les infrastructures téléphoniques, des points d’accès satellitaires seront déployés, basés sur la technologie
mini-VSAT particulièrement attractive en raison de son faible coût. Un site pilote sera installé dans un hôpital de brousse d’une commune rurale du Mali au printemps 2003 et donnera accès aux
différentes ressources du réseau de télémédecine (accès aux médecins spécialistes de Bamako ou de Genève, accès au portail médical malien ainsi qu’à de nombreuses ressources médicales). Le projet
prévoit l’installation d’une douzaine de ces points d’accès dans différents environnements décentralisés, ainsi que le développement d’un modèle économique pour une transition vers un financement
industriel, en envisageant notamment la possibilité d’utiliser ces points d’accès pour d’autres activités (éducation, commerce, etc…)
La création et la maintenance de contenu médical adapté aux spécificités locales est un enjeu primordial pour la réussite d’un réseau de télémédecine réellement utilisable. Ces activités
nécessitent une formation dans le domaine de la gestion documentaire. Le projet prévoit la formation de documentalistes, afin qu’ils ou elles soient capables de gérer le contenu de bases
documentaires et de portails médicaux nationaux, et de collaborer avec les médecins et les techniciens informaticiens. Par contre, le projet ne financera pas la création de contenu per se, cette
tâche étant confiée aux institutions participant au projet.
Enfin, le projet prévoit une évaluation des aspects organisationnels, économiques, médicaux et socio-culturels, afin de permettre, le cas échéant, une adaptation des stratégies utilisées pour des
projets ultérieurs. Dans un premier temps, les stratégies de chaque institution pour déployer, utiliser et pérenniser le système seront comparées, sachant que le projet prévoit que chaque
institution devra trouver un financement pour supporter les frais de maintenance du système dès la troisième année d’utilisation. Dans un deuxième temps, une évaluation qualitative des impacts
médicaux et socio-culturels sera effectuée, avec l’aide d’un anthropologue médical. Parallèlement, des indicateurs quantitatifs seront suivis en continu, notamment grâce aux outils de monitoring
centraux : nombre de sessions de téléenseignement et de téléconsultation, nombre de participants (connectés), activité sur le site du projet, activité sur les sites des institutions
participantes, etc
Développée à l’Université de Genève, la technologie e-cours [6] est basée sur une application web écrite en JAVA, qui pour fonctionner n’a besoin
que des ‘Plugins’ real audio et acrobat reader tous disponible en téléchargement gratuit sur Internet et un navigateur web JAVA compatible. Ce qui est le cas pour la majorité des navigateurs
disponibles.
Le participant à un cours ou conférence peut donc entendre, voir le professeur, et les documents électroniques en temps réels, lui poser des questions par un outils de messagerie instantané.
Quant à l’enseignant il peut projeter ses documents électroniques, répondre oralement aux questions ou projeter un croquis, une image ou une formule.
Le matériel et les logiciels requis pour une réception de cours est des plus simples. Il faut juste un micro-ordinateur (Windows 9x, 2000, XP, Mac OS, Linux, Solaris… ) avec une carte son, une
connexion Internet d’au moins 40 Kbits/s , un navigateur java compatible et des deux plugins indispensables. Un vidéo-projecteur si le cours est suivis en groupe. Quant à l’émission d’un cours ou
d’une conférence, il faudra disposer d’un micro-ordinateur serveur avec, un système d’exploitation Solaris, un serveur web appache, un serveur de streaming audio real et d’un serveur vidéo axis
2400. Dans la salle de cours ou de diffusion, il faudra un micro-ordinateur PC 500 Mhz Un PC 500Mhz, Windows 98, 128M, carte son, un microphone, une caméra vidéo de documents, un hub ou switch
Ethernet 10 ou 100.